Promotion de la responsabilité de l`Etat

La Convention des Droits de l’Enfant a été adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies en novembre 1989. C`est la seule convention qui a été ratifiée par un nombre record de pays (tous sauf deux : les Etats-Unis et la Somalie) en si peu de temps. Le préambule « réaffirme le fait que les enfants ont besoin d’une attention particulière en raison de leur vulnérabilité ». L’article 4 de la Convention énonce : « Les Etats parties s’engagent à prendre toutes les mesures législatives, administratives et autres qui sont nécessaires pour mettre en œuvre les droits reconnus dans la présente Convention » et « ils prennent ces mesures dans toutes les limites des ressources dont ils disposent ».

Elle constitue un instrument sans précèdent de recherche de plus de justice et de protection à l’égard des enfants. Néanmoins, il existe une différence entre la ratification formelle et la mise en œuvre effective ; peu de gouvernements ont pris leur obligations d`une manière sérieuse.

Les ONG comme WAO-Afrique, jouent un rôle crucial pour stimuler les gouvernements à assumer leur responsabilité. Les activités réalisées dans ce cadre sont :

  • Participation active à la rédaction du rapport initial (1997) et deuxième (2004) rapport alternatif des ONG de droit de l’enfant sur la mise en œuvre de la Convention relative aux droits de l’enfant.
  • Avec autres membres de la coalition des ONGs sur les droits de l’enfant (COPET), WAO-Afrique demandait au Gouvernement en 1995 d’adopter un plan d’action national pour la survie, la protection et le développement des enfants.
  • WAO-Afrique a envoyé plusieurs missives aux Chef d’Etat Africains et aux Organisations Internationales afin de partager ses préoccupations dans le domaine des Droits et de la personne humaine en général et les Droits de l’Enfant en particulier. Elle a pris position sur un certain nombre d’événements relatifs aux violations des droits de l’Homme et de l’Enfant dans certains pays africains.

Formation en droits de l`enfant

Plus qu`une décade WAO-Afrique a organise plusieurs sessions de formations en droits de l`enfant. En plus de la formation donnée aux ONG locales, (Voir le programme: Renforcement de Capacités des ONGs), WAO a fourni des informations sur tous les aspects lies aux droits de l`enfant aux medias, aux autorités gouvernementales, au public, entre autres.

Les exemples récents de ces formations sont les suivants :

  • En Octobre 2004, WAO-Afrique a organise un atelier de deux jours sur les droits de l`enfant en direction des medias publics et prives. Cet atelier intitule “Protection des droits de enfant et le media” a été réalisé dans le cadre du Projet Mokpokpo avec le soutien de Save the Children Suède. L`une des recommandations des participants a été l`organisation d`un événement spécial des medias chaque année qui sera focalisé sur un aspect spécifique des droits de l`enfant.
  • Une autre activité liée au Projet Mokpokpo est la formation des policiers en matière de droits de l`enfant en utilisant le manuel des législations nationales et internationales en matière de droits des enfants liés à la fonction de police produit par Save the Children Suède.
  • Un projet de Formation Du Personnel Militaire sur les Droits et la Protection des Enfants avant, pendant et après les conflits a résultée en la formation des officiers et sous officiers formateurs des Forces Armées de Togo en droit de l’enfant depuis 2000.

Intervention sur les articles spécifiques de la CDE

Bien que WAO-Afrique soit persuadée que tous les droits contenues dans la CDE sont importants, elle met néanmoins un accent particulier sur les articles suivants :

Article 12 : L’enfant a le droit, dans toute question ou procédure le concernant, d’exprimer librement son opinion et de voir cette opinion prise en considération.

  • WAO-Afrique valorise les opinions des enfants et fait un effort considérable pour les faire participer aux activités qui amélioreront leurs vies. En partenariat avec “Anti Slavery International”, des consultations ont été menées avec les anciens et actuels enfants domestiques en 2000 et 2001, afin de développer un Code de Conduite. Leurs opinions sont en train d’être collectées et analysées dans un projet en cours qui identifiera quelles sont les interventions les plus utiles pour les enfants domestiques et qui leur offrent la meilleure protection contre l’abus et l’exploitation.
  • Le Mouvement des Enfants et Jeunes Travailleurs (MEJT-Togo) a vu le jour au Togo en 1994 et a comme structure d’appui WAO-Afrique. Il compte plus de 50 membres qui sont des anciens enfants travailleurs oeuvrant pour l’abolition du travail des enfants. Il y’a deux associations à distinguer : celle de Lomé et celle de Badou. Les activités des EJT à Lomé ont commencé depuis 2001 et couvrent les domaines suivants : campagnes de sensibilisation à travers des canaux de communication tels que les émissions radio, le théâtre, les sketches et les mimes; la formation ; et les causeries–débats. Quand aux EJT de Badou, outre les activités que font les EJT de Lomé, ils font de la pisciculture, l’élevage d’escargot et la culture de champignons. Ils disposent également d’un centre de formation. L’encadrement de l’EJT par WAO-Afrique permet aux enfants d’avoir un cadre de travail adéquat qui leur donne les informations nécessaires pour participer activement aux séances de sensibilisations contre le travail des enfants en se basant sur leurs expériences personnelles.
  • Chaque année entre 1992 et 1996, des groupes d’enfants représentant les enfants du Togo, conduit par la WAO-Afrique, a remis au Premier Ministre un appel des enfants du Togo à l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain. Dans cet appel les enfants demandaient au chef du gouvernement de redynamiser le Comité National des Droits de l’enfant créé en décembre 1993, d’œuvrer pour l’intégration, la diffusion et l’application de la Convention des droits de l’enfant, et d’élaborer le rapport initial et les rapports périodiques. Suite à cet appel, le Premier Ministre a convoqué une réunion des membres du comité et a donné des instructions pour la prise en compte des doléances des enfants. L’appel des enfants a d’ailleurs été discuté en conseil de cabinet. Deux jours plus tôt, la délégation des enfants conduite par la WAO-Afrique et l’UNICEF-Togo était au parlement, où elle a rencontré les députés réunis en séance extraordinaire. Un message des enfants a été délivré, suivi d’une séance de questions et réponses. Les enfants demandaient aux parlementaires de s’engager davantage dans la protection de leurs droits en initiant des propositions de lois susceptibles d’améliorer leurs conditions de vie.

Article 28 : L’enfant a le droit à l’éducation et l’Etat a l’obligation de rendre l’enseignement primaire obligatoire et gratuite, d’encourager l’organisation de différentes formes d’enseignement secondaire accessibles à tout enfant et d’assurer à tous l’accès à l’enseignement supérieur, en fonction des capacités de chacun.

Article 32 : L’enfant a le droit d’être protégé contre tout travail mettant en danger sa santé, son éducation ou son développement. L’état fixe des ages minimum d’admission à l’emploi et réglemente les conditions d’emploi.Depuis plus d`une décade, WAO-Afrique mène des actions pour mettre fin a l`exploitation économique des enfants. WAO focalise ses efforts sur ce qu`on appelle ‘forme cachée’ du travail des enfants: servitude domestique. Par ailleurs, d`une manière générale, WAO-Afrique:

  • Fait promouvoir l’application effective de la Convention 182 sur les Pires Formes de Travail des Enfants, tant au niveau national que régional, a travers des campagnes de sensibilisation et de lobbying ;
  • Coordonne les campagnes contre le travail des enfants en Afrique francophone pour le compte de “Global March contre le Travail des Enfants”;
  • Appuie un groupe de plus de 50 enfants anciens travailleurs, “Le Mouvement des Enfants et Jeunes Travailleurs” (MEJT-Togo), qui milite pour l`abolition du travail des enfants ;
  • Mène des actions pour mettre fin a la traite et a l`exploitation des enfants et jeunes dans les plantations a travers l`implication de l’International Cocoa Initiative et la production d`un docudrama « Le Prix du Vélo ».

Article 34 : L’état doit protéger l’enfant contre la violence et l’exploitation sexuelle, y compris la prostitution et la participation à toute production pornographique.

Article 35 : L’état a l’obligation de tout faire pour empêcher l’enlèvement, la vente ou la traite d’enfants.Les enfants sont victimes de la traite tant a l`intérieur du Togo qu`a l`extérieur vers les pays voisins. Les garçons sont souvent exploites dans le secteur agricole tandis que les filles sont utilisées dans les centres urbains comme domestiques.

  • Bien que les formes et les expressions de la traite des enfants soient très préoccupantes pour WAO, elle focalise cependant ses efforts sur le recrutement et le mouvement illégaux des filles.
Publicités